Région ressource:exploitation de connaissances

Le potentiel 4.0 de l’industrie minière en Abitibi-Témiscamingue

Liliane Hamelin

La Révolution industrielle 4.0 atteint l’industrie minière et une accélération globale de l’adoption des technologies impliquées dans ce virage est en cours. En 2020, 77% des compagnies minières à travers le globe ont annoncé avoir amorcé ce processus. Alors que l’Australie détient le rôle de leader mondial en matière d’innovation dans l’extraction de ressources, le Canada progresse dans le transfert de son industrie minière vers l’informatisation. Parallèlement, le secteur d’exploitation de minerai assiste à une augmentation de sa demande, notamment en raison de la présence de substances minérales dans les piles et appareils électroniques, omniprésents dans le quotidien contemporain. L’Abitibi-Témiscamingue, qui constitue une région ressource clé de l’industrie minière canadienne, se voit donc forcée d’entamer à son tour l’informatisation de sa production afin de répondre à cette effervescence du marché.

En effet, l’industrie minière témiscabitibienne se trouve présentement à un point d’inflexion. L’échange de data se situe au centre de cette transformation et la connectivité est devenue une qualité primordiale de la logistique de production. Par conséquent, l’accessibilité au réseau Internet constitue un outil essentiel et les technologies supportant ce réseau de connexions doivent être déployées à l’échelle du territoire. Plusieurs innovations en termes de mobilité et de connectivité des individus et des machines ont d’ailleurs été développées afin que le système de transmission de données puisse opérer même dans les régions éloignées des centres urbains, ce qui favorise une démocratisation de l’accès aux services de télécommunication.

Ceci amène une réflexion nécessaire concernant l’évolution des régions ressources à l’ère du numérique. L’Abitibi-Témiscamingue, dont l’industrie minière entame une transition imminente vers le 4.0, a le potentiel de devenir un véritable pôle d’innovation et de convergence du savoir technologique en matière d’exploitation de ressources naturelles en raison de l’expertise qu’elle possède. En plus d’optimiser la production et de favoriser une approche plus durable de l’exploitation de ressources, l’informatisation de ce secteur aurait un impact bénéfique sur la relation, actuellement problématique, entre les acteurs de l’industrie. Effectivement, une amélioration de la connectivité des individus faciliterait la diffusion du savoir et les échanges entre entreprises, organismes publics, travailleurs, communautés autochtones et résidents des villes. En outre, l’acceptabilité des projets miniers par la collectivité repose sur la transparence des sociétés, notamment en ce qui a trait aux répercussions environnementales et économiques; l’instauration d’un réseau de communication accessible et inclusif est alors indispensable à la poursuite de leurs activités. L’architecture a le potentiel de matérialiser un tel pôle d’innovation et de partage collectif de connaissances abordant les enjeux de l’industrie minière actuelle. Elle présente une opportunité de mise en valeur de l’Abitibi-Témiscamingue afin d’en faire une pionnière des régions ressources 4.0.